Encéphalomyélite myalgique

L'encéphalomyélite myalgique (EM), également connue sous le nom de syndrome de fatigue chronique (SFC), est une maladie complexe souvent associée au COVID long, caractérisée par une fatigue intense et invalidante persistant bien au-delà de la phase aiguë de l'infection. Cette fatigue ne s'améliore pas avec le repos et s'aggrave significativement après toute activité physique ou mentale, même légère. Les symptômes associés sont nombreux et variés, incluant des douleurs musculaires diffuses (myalgies), des troubles du sommeil (insomnie, sommeil non réparateur), des problèmes cognitifs tels que des difficultés de concentration, de mémoire et de pensée (souvent appelé "brouillard cérébral"), ainsi que des symptômes gastro-intestinaux comme des douleurs abdominales, des ballonnements ou des troubles digestifs. Il est important de noter que l'EM, dans le contexte du COVID long, peut se présenter de manière différente chez chaque individu et que l’intensité des symptômes peut fluctuer au cours du temps. L'étiologie précise de l'EM reste encore largement inconnue, ce qui rend son diagnostic et son traitement particulièrement complexes et exige une approche multidisciplinaire.

 

 

Dysautonomie

La dysautonomie est un terme générique désignant un groupe de troubles affectant le système nerveux autonome (SNA). Le SNA régule les fonctions corporelles involontaires telles que la fréquence cardiaque, la pression artérielle, la température corporelle, la digestion et la transpiration. Dans la dysautonomie, le SNA ne fonctionne pas correctement, entraînant un large éventail de symptômes variables d'une personne à l'autre.

Système Nerveux Autonome (SNA)

Le système nerveux autonome (SNA) régule les fonctions corporelles involontaires comme la fréquence cardiaque, la respiration, la digestion et la température. Il se compose de deux branches principales: le système sympathique (réponse "combat ou fuite") et le système parasympathique (repos et digestion). Dans le COVID long, un dysfonctionnement du SNA, la dysautonomie, est suspecté d'être impliqué dans une variété de symptômes persistants et invalidants. Des études suggèrent que l'inflammation systémique causée par le virus pourrait altérer le fonctionnement du SNA, entraînant une dysrégulation de ses processus complexes.

 

Dysautonomie dans le COVID Long

La dysautonomie dans le COVID long se traduit par une grande variété de symptômes, souvent invalidants, impactant plusieurs systèmes organiques. Parmi les symptômes les plus fréquents, on trouve : l'intolérance orthostatique (vertiges ou évanouissements au passage de la position couchée à la position debout), des variations importantes de la fréquence cardiaque (tachycardie ou bradycardie), des troubles digestifs chroniques (douleurs abdominales, ballonnements, diarrhée, constipation, nausées, vomissements), des problèmes de sudation (hypersudation ou hypohidrose), une sensibilité excessive au froid ou à la chaleur, des troubles du sommeil, des problèmes de vision floue, et des migraines fréquentes. L'intensité et la combinaison de ces symptômes varient considérablement d'une personne à l'autre, rendant le diagnostic et la gestion du COVID long complexes.

 

 

HYPERVENTILATION

L'hyperventilation, caractérisée par une respiration rapide et profonde, peut être un symptôme persistant et invalidant du COVID long. Elle survient lorsque le corps expire plus de dioxyde de carbone (CO2) qu'il n'en inspire, entraînant une diminution du niveau de CO2 dans le sang (hypocapnie). Cette hypocapnie peut déclencher une série de symptômes désagréables et parfois inquiétants.

Dans le contexte du COVID long, l'hyperventilation peut être liée à plusieurs facteurs complexes et interconnectés, notamment :

  • Une inflammation nerveuse ou une dysautonomie affectant le contrôle respiratoire : Le virus SARS-CoV-2 peut causer une inflammation directe ou indirecte des nerfs impliqués dans la régulation de la respiration. Cette inflammation peut perturber les mécanismes de contrôle respiratoire, menant à une hyperventilation. De plus, la dysautonomie, un dysfonctionnement du système nerveux autonome, peut également altérer la régulation de la respiration, contribuant à l'hyperventilation.
  • Des troubles anxieux ou de stress post-traumatique (ESPT) développés suite à l'infection : L'expérience de la maladie COVID-19, potentiellement sévère, et ses conséquences à long terme peuvent engendrer de l'anxiété, du stress et même un ESPT. Ces troubles mentaux peuvent déclencher des épisodes d'hyperventilation, aggravant les symptômes du COVID long.
  • Des douleurs thoraciques persistantes liées au COVID long : La douleur thoracique, un symptôme fréquent du COVID long, peut entraîner une respiration superficielle et rapide, par réflexe, afin de limiter la douleur. Cette respiration superficielle et rapide peut évoluer vers une hyperventilation.
  • Une faiblesse musculaire respiratoire : Dans certains cas, le COVID long peut causer une faiblesse des muscles respiratoires, rendant la respiration plus difficile. Le corps peut compenser cette faiblesse en respirant plus rapidement et plus profondément, menant à l'hyperventilation. Ceci peut être lié à la myalgie ou la fatigue musculaire rapportée dans le COVID long.
  • Modification de la sensibilité des chémorécepteurs : Des études suggèrent que le virus pourrait également affecter la sensibilité des chémorécepteurs, les cellules sensibles aux changements de niveaux de CO2 et d'oxygène dans le sang. Une altération de cette sensibilité peut perturber la régulation respiratoire normale et contribuer à l'hyperventilation.

Les symptômes associés à l'hyperventilation comprennent des vertiges, des étourdissements, des fourmillements dans les extrémités (paresthésies), des palpitations, une sensation de malaise, une sensation d'étouffement (dyspnée), des nausées, des douleurs à la poitrine, et une confusion. L'intensité et la durée de ces symptômes peuvent varier considérablement. Il est crucial de consulter un professionnel de santé si vous présentez ces symptômes, car ils peuvent indiquer un problème sous-jacent nécessitant un traitement approprié. Des techniques de gestion du stress, telles que la respiration lente et profonde, la relaxation musculaire progressive et la méditation, peuvent aider à réduire l'anxiété et à contrôler l'hyperventilation. Dans certains cas, un traitement médicamenteux, comme des anxiolytiques ou des antidépresseurs, peut être nécessaire.

POTS (Syndrome de tachycardie orthostatique posturale) et COVID Long

Le syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS), un trouble de la dysautonomie, est fréquemment diagnostiqué chez les patients atteints de COVID long. Il se caractérise par une augmentation importante du rythme cardiaque (généralement supérieure à 30 battements par minute) lors du passage de la position couchée à la position debout. Cette augmentation est souvent accompagnée de symptômes variés et invalidants, dont des étourdissements, des vertiges, des maux de tête intenses, une fatigue extrême, des nausées, des vomissements, une pâleur, une faiblesse musculaire et une sensation de malaise général. La sévérité de ces symptômes peut varier considérablement d'un individu à l'autre.

Chez les patients atteints de COVID long, le développement du POTS pourrait être lié à une inflammation persistante affectant le système nerveux autonome, perturbant ainsi la régulation précise de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle. Des études suggèrent un lien potentiel avec les dommages causés aux nerfs par le virus, ainsi qu'avec un déséquilibre du système immunitaire. L'hyperventilation, un symptôme courant du COVID long décrit précédemment, peut aggraver les symptômes du POTS en diminuant le retour veineux au cœur et en contribuant à une déshydratation. La combinaison de ces facteurs peut créer un cercle vicieux, amplifiant la fatigue et l'invalidité.

Le diagnostic du POTS repose sur plusieurs tests cliniques et physiologiques, notamment le test de bascule (tilt-test), qui mesure les changements de fréquence cardiaque et de pression artérielle lors du passage de la position couchée à la position debout. D'autres examens, tels que l'échocardiographie et l'électrocardiogramme (ECG), peuvent être utilisés pour évaluer la fonction cardiaque. Le traitement est multidisciplinaire et personnalisé, tenant compte de la sévérité des symptômes et des particularités de chaque patient. Il peut inclure des ajustements importants du mode de vie (augmentation de l'apport hydrique, exercices physiques adaptés, gestion du stress), des médicaments pour réguler la pression artérielle et la fréquence cardiaque (tels que des bêtabloquants ou des minéralocorticoïdes), et des techniques de respiration spécifiques pour maîtriser l'hyperventilation et améliorer la régulation autonome.

Malaise post-effort (MPE)

La fatigue et le malaise post-effort sont les symptômes les plus fréquemment rapportés par les patients souffrant d’affection post-COVID. Dans le cadre de l’affection post-COVID, la fatigue est décrite comme une asthénie sévère, une sensation que le corps est «vidé de son énergie » et qu’il est épuisé minimal. Les patients mentionnent souvent de la fatigue au réveil et l’exacerbation de cette dernière après un effort. Les patients peuvent rapporter le besoin de dormir pendant la journée, même s’ils ne souffrent pas de trouble du sommeil. La fatigue peut se manifester mentalement (fatigue cognitive) ou physiquement (fatigue motrice). La fatigue peut fluctuer au cours de la journée, les efforts physiques et cognitifs étant un facteur déclenchant. Dans certains cas, des facteurs hormonaux, l’insomnie, le stress et l’anxiété peuvent également entrer en ligne de compte. 

Le malaise post-effort est l’aggravation des symptômes après un effort physique ou mental. Il peut se manifester par une intolérance orthostatique ou une intolérance à l’effort.

Lorsqu’ils souffrent d’un malaise post-effort, les malades peuvent ressentir des vertiges, des palpitations (en particulier à la suite d’un effort, même minime), des symptômes gastro-intestinaux (nausées, diarrhée, douleur abdominale), des troubles urinaires, et de la vision etc. Ces symptômes peuvent être liés à la dysautonomie. Les troubles dysautonomiques comprennent l’hypotension orthostatique ou le syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS) ou un spectre d’intolérance orthostatique qui se manifeste par de la tachycardie.

Ménopause et Covid Long

La ménopause, période de transition marquant la fin de la fonction reproductive chez la femme, peut exacerber les symptômes du COVID long, créant une situation particulièrement complexe pour les femmes concernées. Plusieurs études suggèrent une potentialisation des manifestations de la maladie, rendant le diagnostic et la prise en charge plus difficiles.

Plusieurs symptômes se chevauchent entre la ménopause et le COVID long, notamment la fatigue intense et persistante. Cette fatigue, déjà invalidante en elle-même lors de la ménopause, peut être amplifiée par le COVID long, rendant les activités quotidiennes, même les plus simples (monter un escalier, faire quelques courses), extrêmement difficiles voire impossibles. Des troubles du sommeil similaires, des bouffées de chaleur pouvant être interprétées comme des palpitations liées à un effort, ainsi que des changements d'humeur, contribuent à cette superposition symptomatique et à la complexité du diagnostic.

Les modifications hormonales liées à la ménopause, notamment la baisse d'œstrogènes, pourraient jouer un rôle dans la réponse immunitaire et l'inflammation persistante souvent observée dans le COVID long. Une inflammation mal régulée pourrait amplifier la fatigue, la douleur musculaire (myalgies), et les troubles cognitifs ("brain fog") déjà associés au COVID long. De plus, les modifications neurologiques, telles que les paresthésies, pourraient être exacerbées.

Enfin, le PME (malaise post-effort), fréquemment observé dans le COVID long, peut se manifester de façon plus intense chez les femmes ménopausées, amplifiant encore la fatigue et la limitation des activités physiques. La baisse d'énergie et le dysfonctionnement du système nerveux autonome, commun à ces deux affections, peuvent entraîner une incapacité à exercer des activités courantes et un isolement social. Une prise en charge globale, combinant la gestion des symptômes de la ménopause et du COVID long est donc nécessaire.

Il est crucial pour les femmes ménopausées ayant contracté le COVID-19 de consulter un professionnel de santé pour un diagnostic précis et un plan de traitement adapté à leur situation spécifique, prenant en compte les interactions possibles entre ces deux affections.